Un handicap, aucune limite

(Pressportal/ots)

Pro Infirmis s’engage pour la participation politique des personnes en situation de handicap et soutient celles qui se portent candidates à des fonctions politiques.

Pro Infirmis lutte contre la discrimination des personnes en situation de handicap. Elle s’engage pour leur inclusion et leur autodétermination. Dans cet esprit, elle soutient les personnes candidates à des élections politiques, car le surcroît de frais et de travail lié à un handicap ne doit pas être un frein à la participation politique. Une campagne électorale demande beaucoup de temps et d’argent, a fortiori lorsqu’on est atteint d’un handicap. « Mes amis m’aident à glisser les prospectus dans les boîtes aux lettres, car pour moi, c’est mission impossible », témoigne Manuela Leemann, vice-présidente de Pro Infirmis et candidate au Conseil national sur une liste PDC du canton de Zoug.

Par leur action politique, ces candidates et candidats contribuent au développement d’une politique sociale qui tienne compte des besoins des personnes en situation de handicap dans tous les domaines de la vie. Christian Lohr par exemple, vice-président de Pro Infirmis, représente le PDC thurgovien au Conseil national depuis huit ans et brigue un troisième mandat. Dans son interpellation « Rien sur nous sans nous », adressée au Conseil fédéral en septembre 2017 déjà, il exigeait que les personnes en situation de handicap participent aux discussions et aux décisions les concernant. A l’heure actuelle, on est loin du compte. Par exemple, en 2017, l’Office fédéral des transports a publié sa stratégie de mise en oeuvre des prescriptions de la loi sur l’égalité pour les handicapés dans le transport ferroviaire. Treize ans (!) après l’entrée en vigueur de la loi, cette stratégie a été élaborée sans consulter les personnes concernées ni leurs organisations. Cela est inacceptable. C’est pourquoi Pro Infirmis, plus grande organisation spécialisée du handicap en Suisse, encourage les personnes intéressées à prendre part au débat politique comme des citoyens à part entière.

Nous pensons ici aux personnes en situation de handicap candidates aux élections fédérales, mais nous sommes prêts aussi à soutenir celles qui se présentent à des élections cantonales ou communales. Par ailleurs, Pro Infirmis tient à remercier tous les politiciens sans handicap qui s’engagent pour la cause des personnes handicapées et oeuvrent en faveur d’une politique nationale du handicap qui soit cohérente. Notre soutien financier est cependant réservé aux candidates et candidats avec handicap.


Informations complémentaires pour les personnes intéressées :

Urs Dettling, chef du département Politique sociale et Organisation
faîtière urs.dettling@proinfirmis.ch, 058 775 26 70

Benoît Rey, chef du département Prestations de services Suisse romande et Tessin benoit.rey@proinfirmis.ch, 058 775 30 88

Renseignements d’ordre général :

Susanne Stahel, cheffe du département Communication et Récolte de fonds susanne.stahel@proinfirmis.ch, 058 775 26 77

À Bienne, les écoliers passent devant les handicapés

(Le Matin)

«Le Journal du Jura» l’a annoncé jeudi: «Une nouvelle école verra le jour» à Bienne. Une bonne nouvelle? Pas pour Simone Jaisli, directrice de l’atelier protégé socio-professionnel «L’Étrive». Dans un courrier adressé mercredi soir aux parlementaires biennois, elle leur demande de refuser le 19 septembre prochain l’acquisition et l’aménagement de l’ancienne usine Victorinox.


L’ancienne usine Victorinox est convoitée. à Bienne. Image: Jean-Guy Python

 

C’est pour parer à la hausse du nombre d’élèves que la Ville veut acquérir un bâtiment dans le quartier de Boujean et le transformer en école. Le problème, c’est que cette ancienne usine de la rue des Grillons est convoité depuis une année par «L’Étrive», une fondation d’utilité publique à but non lucratif qui occupe une quarantaine de handicapés psychiques.

Sous-traitance

Le décor est planté en ces termes: «Nous effectuons principalement des travaux de sous-traitance pour les industries de la région», décrit la directrice. Problème: «Les exigences de nos clients grandissant, nous avons besoin d’urgence de plus de place et surtout aussi un besoin impératif de séparer les travaux «sales» des travaux «propres» » destiné à l’horlogerie.

La direction de la fondation affirme avoir visité l’immeuble de la société Victorinox Swiss Army Watch le 5 juin 2018. Situé sur un terrain municipal octroyé en droit de superficie, l’immeuble répondait «parfaitement» aux besoins de la fondation.

Droit de superficie

La directrice affirme que le département des immeubles a été associé aux démarches pour un transfert du droit de superficie. «À aucun moment il n’a été fait mention qu’elle (ndlr. la Ville) pourrait être intéressée à reprendre elle-même ce bâtiment», écrit Simone Jaisli.

«Nous avons signé le contrat de vente avec Victorinox le 13 juin 2019. Après tant de démarches administratives, voilà que la ville de Bienne change d’opinion et fait un virage à 180°. Elle veut faire valoir le droit de préemption!», détaille la directrice.

Pas correct

Le reproche adressé à la direction des écoles, c’est son manque de planification: «Changer d’opinion de la sorte n’est pas correct», écrit-elle, convaincue que ««L’étrive» avait la priorité sur cet achat».

Le prix de vente du nouveau bâtiment est estimé à 2,6 millions de francs. «La Ville de Bienne a fait monter les enchères», accuse encore la directrice. Selon elle, «le seul gagnant est le vendeur, mais certainement ni notre institution ni le contribuable biennois».

Du côté de la direction des écoles, on évoque «un besoin urgent de nouveaux locaux» pour l’école enfantine et la scolarité obligatoire, dès l’été 2020.

Paramètres réunis

«C’est rare qu’autant de paramètres soient réunis: le bâtiment est en bon état, dans un quartier où il n’y a pas trop de circulation et qui a un besoin urgent d’infrastructures scolaires», a précisé le conseiller municipal socialiste Cédric Némitz, en charge de la Formation, de la culture et du sport.

La transformation du bâtiment en école se ferait en deux temps, avec deux nouvelles classes d’école enfantine ouvertes au rez-de-chaussée dès l’été 2020, puis déplacées à la nouvelle école de la Champagne. A terme, le bâtiment de Victorinox abriterait dix classes germanophones du degré secondaire.(Vincent Donzé)


Atelier d’Omega

La fondation de «L’Étrive» a été créée en 1983 sous le nom de «Atelier protégé Omega» grâce à l’initiative de responsables des services sociaux de la marque horlogère, suite à la profonde restructuration de l’industrie horlogère. Aujourd’hui, «L’Étrive» accueille des adultes handicapés au bénéfice d’une rente AI. Ces personnes faiblement ou moyennement handicapées sont «mises en valeur par un travail concret et valorisant, en vue de leur intégration sociale». La fondation dispose actuellement de 925 m2 au premier étage d’un immeuble de la rue de l’Allée, à Bienne.

Une prothèse rétablit les sensations de la marche

(nxp/afp)

Des chercheurs de l’EPFZ ont mis au point une prothèse qui permet d’améliorer la mobilité des personnes amputées et de réduire les douleurs «du membre fantôme».


L’un des deux sujets d’essai avec la nouvelle prothèse. (Photo: EPFZ)

 

Une équipe de chercheurs suisses a mis au point une prothèse avec des capteurs au niveau de la plante du pied et du pli du genou, reliés à des électrodes implantées directement sur des nerfs de la jambe.

Ce système a permis aux deux patients, amputés au-dessus du genou, de recréer la sensibilité du membre perdu, leur permettant par exemple de faire la différence entre une marche sur la route ou dans du sable.

«L’utilisation de cette prothèse a amélioré la qualité de leur marche et augmenté leur endurance, à la fois en laboratoire et dans un environnement réel», rapporte l’article publié dans la revue Nature Medicine.

Par ailleurs, elle a réduit leur «douleur du membre fantôme». Ces douleurs ressenties comme provenant d’un membre pourtant amputé se produisent lorsque les neurones de la zone d’amputation continuent à envoyer des messages de douleur au cerveau.

«Interfaces cerveau-machine»

Domaine en plein développement, les prothèses en interaction directe avec le système nerveux – «interfaces neuronales directes» ou «interfaces cerveau-machine» – améliorent la qualité de vie des patients paralysés ou amputés, en leur permettant de «commander» les mouvements de leur membre artificiel.

Mais un obstacle majeur à leur adoption reste l’absence de «sensation» provenant de la prothèse, essentielle pour la motricité fine et les interactions avec le monde extérieur. Une équipe autrichienne avait obtenu un résultat comparable en 2015 pour un patient amputé sous le genou, et des expériences ont aussi été menées sur les membres supérieurs.

Mais c’est la première fois qu’une telle prothèse est mise en place sur un membre inférieur amputé au-dessus du genou, a expliqué Stanisa Raspopovic, professeur à l’université ETH Zurich (Suisse), qui souligne que les nerfs des membres inférieurs sont «beaucoup plus gros» et plus complexes que ceux des bras.

Après ce premier essai sur deux personnes, l’équipe du Pr Raspopovic a lancé un essai clinique sur quatre ans pour implanter la prothèse à «un nombre significatif de patients» et les suivre sur une durée plus longue.

Les handicapés veulent aussi avoir leur mot à dire en politique

(swissinfo.ch)

Par Samuel Jaberg

Le handicap mental ne doit plus être un frein à l’exercice des droits politiques. C’est le credo d’insieme, la faîtière des associations des parents de personnes mentalement handicapées de Suisse, qui publie une brochure de vote simplifiée en vue des élections fédérales de cet automne.


De nombreuses personnes atteintes de handicap mental s’intéressent à la politique mais peinent à exercer pleinement leurs droits. (© Keystone / Gaetan Bally)

 

En principe, les handicapés mentaux jouissent des mêmes droits que n’importe quel citoyen. Dont celui de voter et d’élire leurs représentants, pour autant qu’ils ne soient pas placés sous curatelle de portée générale (voir encadré à la fin de l’article). La Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées que la Suisse a ratifié en 2014 – exige d’ailleurs des Etats signataires qu’ils garantissent la participation des personnes avec un handicap à la vie politique et publique.

Dans la pratique, toutefois, la situation n’est pas aussi idyllique. En Suisse, pays qui se targue volontiers d’être à la pointe de la participation citoyenne et de la protection des minorités, les personnes handicapées rencontrent encore de nombreux obstacles qui les empêchent d’exercer pleinement leurs droits politiques.

Même s’ils ne sont pour la plupart pas privés du droit de vote, les handicapés mentaux sont souvent découragés par la complexité du processus démocratique. «De nombreuses personnes atteintes de déficience mentale s’intéressent à la politique et souhaiteraient participer davantage aux élections et votations. Mais il est très difficile pour elles de comprendre les informations officielles qui figurent dans le matériel de vote envoyé par la poste», souligne Susanne Schanda, porte-parole d’insieme

Langage simplifié

C’est particulièrement le cas lors des élections législatives fédérales , qui ont lieu tous les quatre ans en Suisse. Saisir ce qu’est une liste de parti, comment elle peut être modifiée, ce que signifie le cumul ou le panachage représente souvent un véritable défi pour cette population.

Afin de faciliter leur prise de décision, insieme publie, en collaboration avec la plateforme easyvote, une brochure expliquant le fonctionnement des élections du 20 octobre dans un langage facile à lire et à comprendre. Conçu avec le soutien du Bureau fédéral de l’égalité pour les personnes handicapées (BFEH), «Un guide pour voter» peut être commandé ou téléchargé gratuitement dans les trois langues nationales.

«Les personnes atteintes de handicap mental sont tout aussi capables que vous et moi de prendre une décision réfléchie et donc de voter» Emmanuelle Seingre, vice-présidente d’insieme
Fin de la citation

«Les personnes avec un handicap mental sont évidemment notre public cible, mais cette brochure peut s’avérer utile pour d’autres personnes qui peinent parfois à appréhender la complexité du langage des autorités. Je pense par exemple aux jeunes qui votent pour la première fois», avance Susanne Schanda.

Vers plus d’autonomie

Cette démarche s’inscrit dans une mouvance plus générale visant à donner davantage d’indépendance et d’autonomie aux handicapés mentaux. Avec l’introduction en 2013 du nouveau droit de la protection de l’adulte, il y a en Suisse de moins en moins de personnes exclues de l’exercice des droits politiques.

«De plus en plus de personnes mentalement handicapées veulent s’exprimer en public et faire valoir leurs droits. On le voit notamment au sein des associations, où elles s’engagent fortement sur tous les sujets qui touchent à leur autonomie et à leur pouvoir de décision», affirme Emmanuelle Seingre, vice-présidente d’insieme.

Au moment de remplir le bulletin de vote, n’y a-t-il toutefois pas un risque que ces personnes, supposées plus vulnérables, soient instrumentalisés par des tiers? «Ils sont tout aussi capables que vous et moi de prendre une décision réfléchie et donc de voter. Il faut juste leur donner du temps et les outils nécessaires», répond Emmanuelle Seingre.

Certes, l’aide de proches est parfois nécessaire pour se forger une opinion. Mais ce processus est somme toute très banal, souligne la vice-présidente d’insieme: «Il n’y a pas besoin d’avoir une déficience mentale pour subir des influences externes. Cela existe dans toutes les familles et dans tous les milieux. Chacun peut ensuite faire ses choix».


Curatelle et droit de vote

La Suisse compte 1,6 million de personnes en situation de handicap. Les autorités peuvent placer sous une curatelle de portée générale celles qui sont victimes d’une atteinte sérieuse et de longue durée. Fin 2017, plus de 15’000 personnes étaient soumises à cette mesure, sans qu’il ne soit toutefois possible de déterminer combien d’entre elles étaient des handicapés mentaux.

La décision est prise de manière unilatérale par les autorités de protection de l’enfant et de l’adulte (APEA). et entraîne la privation systématique du droit de vote et d’éligibilité. Il n’y a pas de possibilité de recours spécifique contre cette perte des droits politiques, ce qui selon plusieurs spécialistes de droit public contrevient à la Convention de l’ONU sur les droits des personnes handicapées.

Les cantons de Vaud, de Genève et du Tessin offrent aux citoyens handicapés la possibilité de revendiquer leurs droits politiques devant un tribunal. Dans ce cas, le droit de vote n’est valable que pour les scrutins communaux et cantonaux, mais pas au niveau fédéral.


Nods: dévaler le Chasseral malgré son handicap

(arcinfo.ch)

Dès vendredi, sur les pentes du Chasseral, il y aura sans doute plein de sourires. Cap Chasseral propose aux personnes en situation de handicap de descendre l’ancienne piste de ski dans un véhicule tout-terrain.

Un Cimgo au sommet du Chasseral. C’est le véhicule qu’utilise l’association pour ses activités. SP-Cap Chasseral

 

Vivre des sensations fortes en dépit son handicap: voilà ce que propose Cap Chasseral. Dès ce vendredi, les éducateurs et les proches qui accompagnent une personne en situation de handicap pourront dévaler gratuitement l’ancienne piste de ski du Chasseral, entre l’hôtel et le village de Nods, à bord d’un Cimgo, un véhicule tandem tout-terrain.

Cette activité sera proposée pendant trois vendredis et samedis (6, 7, 13 et 14 septembre et 4 et 5 octobre), entre 9h et 17h, «ce qui nous permettra d’accueillir plus de monde que l’an dernier», se réjouit Sylvie Locatelli, présidente de l’association. Le rendez-vous est fixé à Nods, sur le parking de Pierre-Grise. La préparation et la descente durent environ 1h30.

«Nous avons choisi d’ouvrir le week-end, car les familles et les institutions sont davantage disponibles à ce moment-là», relance Sylvie Locatelli, en rappelant qu’il n’est possible d’embarquer que quatre à cinq personnes à la fois.

Déjà en 2018

Cap Chasseral avait organisé un premier évènement public en mai 2018. Et depuis le nombre de membres de l’association a augmenté. «C’est grâce à eux que l’on peut proposer la gratuité cette fois-ci», dévoile la présidente.

Tout au long de l’année, Cap Chasseral organise des évènements dans toute la Suisse romande pour des institutions et des particuliers. Le but est de rassembler les familles autour d’une activité commune. «Les personnes en situation de handicap ont trop souvent un rôle de spectateur. Avec nous c’est différent. Tout le monde participe et s’amuse», conclut Sylvie Locatelli.