Le vote électronique : une nécessité pour surmonter certains obstacles

(Pro Infirmis)

Le principe de l’inclusion est indissociablement lié à la participation pleine et efficace de toutes et tous. Les personnes en situation de handicap doivent elles aussi pouvoir participer sans obstacles au processus politique.

 

Dans l’élaboration d’un système de vote électronique, il convient de mieux tenir compte du besoin de faire avancer l’accessibilité dans ce domaine. Le vote électronique constitue une réelle opportunité de faire reculer certains obstacles que rencontrent les personnes handicapées. Inclusion Handicap comprend les réserves exprimées en matière de sécurité. La faîtière suisse des organisations de personnes handicapées juge néanmoins important de poursuivre le développement du vote électronique.

Ce système contribue à l’autonomie des personnes handicapées dans l’exercice de leurs droits politiques. Il permet aux personnes aveugles ou à mobilité réduite de participer aux votes et aux élections de façon indépendante. La condition évidente est que les instruments numériques soient programmés de manière à ne pas constituer de barrières.

Garantie d’accès

Il est nécessaire que la restructuration de la phase d’essai comporte une garantie pour toute personne handicapée qui le souhaite d’avoir accès au canal de vote électronique d’ici aux élections fédérales de 2023 au plus tard. Tout obstacle doit être éliminé et l’accessibilité garantie non seulement pour l’ensemble du processus de vote, mais également pour l’inscription au vote électronique, la documentation ainsi que l’information. Pour ces personnes la possibilité de voter électroniquement doit être offerte dans tous les cantons : il en va du respect de l’exercice non discriminatoire des droits politiques.

Par ailleurs les électeurs et électrices qui ne peuvent pas ou seulement difficilement exprimer leur suffrage de manière autonome en raison d’un handicap ne doivent pas être calculés dans le pourcentage maximal de personnes pouvant participer à des essais de vote électronique. « Pour les personnes aveugles ou à mobilité réduite, le grand nombre de locaux de vote non accessibles représente un réel problème. Le vote électronique constitue une alternative qui permet de voter directement depuis son domicile sans faire appel à une tierce personne et de faire valoir ses prises de position. Il permet également aux Suisses et Suissesses de l’étranger de participer enfin dans les délais aux scrutins politiques », souligne Verena Kuonen, coprésidente d’Inclusion Handicap.

Engagements internationaux

La Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées prévoit que les Etats s’engagent à faire en sorte que les personnes handicapées puissent effectivement et pleinement participer à la vie politique et à la vie publique sur la base de l’égalité avec les autres. Un système de vote électronique accessible sans obstacles constituerait l’une des mesures destinées à mettre en œuvre les obligations qui découlent du droit international et constitutionnel.
(Communiqué de presse d’Inclusion Handicap)

Deux médailles d’or à Tokyo pour Marcel Hug

RTS.info le 28.08.2021

Marcel Hug en or sur 5000m!

Fantastique Marcel Hug aux Jeux paralympiques de Tokyo! Le Thurgovien a remporté avec brio le 5000m en fauteuil roulant après avoir quasiment dominé la course de bout en bout. Devancé de peu avant le dernier tour, Hug a trouvé les ressources pour s’imposer au finish.

L’athlétisme suisse a connu une journée faste lors des Jeux paralympiques de Tokyo. Après la médaille d’argent récoltée par la Lucernoise Manuela Schär, Marcel Hug a fait encore mieux, aussi sur 5000m, sur le coup de 21h34 dans le stade olympique. L’or, au nez et à la barbe du Canadien Brent Lakatos.

« La confiance est là »

Le Thurgovien, pour ses 5es Jeux, a remporté un 3e titre après ses victoires sur 800m et sur le marathon d’il y a 5 ans à Rio de Janeiro. Marcel Hug compte désormais 9 métaux « paralympiques »: 3 « or », 4 « argent » et 2 « bronze ». La série risque fort de se poursuivre dans la capitale japonaise, car l’athlète de 35 ans va encore prendre part au 800, 1500 et au marathon.

Un final étourdissant

D’un naturel réservé, le résident de Nottwil, dans le canton de Lucerne, n’a pas manqué de partager à l’issue de la course son émotion à nos collègues de SRF: « La confiance est là… Je suis vraiment soulagé et en même temps très reconnaissant envers toutes les personnes qui m’ont soutenu et notamment l’année dernière pendant le coronavirus ».

« Sur mon nouveau fauteuil (tout en carbone), tout à l’air si simple », a enchaîné Marcel Hug. La course semblait pourtant mal emmanchée à un tour de l’arrivée… « J’avais espéré que la course se dispute sur un rythme élevé. Cela n’a pas été le cas et je me suis retrouvé 3e à un tour de l’arrivée ». C’est avant que le « Swiss silver bullet », en référence à son casque argenté, ne distille un final étourdissant pour remporter la course en 10’29″90. Tout simplement impressionnant.

Tokyo, Miguel Bao


RTS.info le 31.08.2021

Marcel Hug décroche encore l’or plus un record!


Marcel Hug a fait valoir sa puissance et son intelligence tactique pour s’imposer. [Ennio Leanza – Keystone]

 

Deux sur deux pour Marcel Hug aux Jeux paralympiques de Tokyo! Après avoir remporté samedi le 5000m en fauteuil roulant, le Thurgovien de 35 ans a remis ça sur 1500m avec un record du monde à la clé! La délégation helvétique compte désormais 5 médailles. En attendant un métal supplémentaire peut-être grâce à Manuela Schär, qui disputera le 1500m à 13h56 heure suisse.

Marcel Hug est en pleine confiance! Le Thurgovien a dégagé une sensation de maîtrise et de facilité déconcertante lors du 1500m catégorie T54. Parti sur le couloir 4, « Swiss silver bullet » a parfaitement géré les 4 tours de piste. Quatrième après le 1er virage, il a par la suite suivi l’Américain Daniel Romanchuk et c’est à 200m de l’arrivée qu’il a fourni l’effort final pour filer seul vers la victoire. Et améliorer par la même occasion de près de 2 secondes le record du monde en 2’49″55! Puissance, intelligence tactique et nouveau fauteuil tout en carbone: voilà la recette gagnante du Thurgovien.

Irrésistible sur son nouveau fauteuil

Marcel Hug est d’un naturel plutôt introverti. En tout cas au micro de nos collègues de SRF: « Ma victoire lors du 5000m m’a donné beaucoup de confiance… Je rêvais d’une médaille et là en plus je bats le record du monde. Je suis sur un nuage ».

Irrésistible, « Swiss silver bullet », en référence à son casque argenté, dispute les Jeux paralympiques de Tokyo avec un tout nouveau fauteuil tout en carbone. Il a contribué à son développement avec le soutien de l’écurie de F1 Sauber et du partenaire Orthotec. « Certains concurrents m’ont dit qu’ils souhaitaient commander le même modèle de fauteuil que le mien ».

« Objectifs déjà atteints »

Avec son nouvel outil de travail et son incroyable talent, Hug pourrait encore frapper très fort jeudi sur 800m (séries à 04h49, finale à 13h32) et samedi lors du marathon à 23h30. Et le Thurgovien de conclure: « Mes objectifs sont déjà atteints. Le reste ne sera que du bonus ».


Marcel Hug a éclaboussé de toute sa classe le 1500m [Ennio Leanza – Keystone]

 

Marcel Hug dispute ses 5es Jeux et compte désormais 10 métaux « paralympiques »: 4 « or », 4 « argent » et 2 « bronze ».

Tokyo, Miguel Bao

Manuela Schär décroche la première médaille suisse

(20min)

La spécialiste du 5000 m en athlétisme a remporté l’argent aux Jeux paralympiques de Tokyo.

par Sport-Center


Manuela Schaer (deuxième sur la photo) a décroché sa quatrième médaille aux Jeux paralympiques. AFP

 

La première médaille suisse aux Jeux paralympiques de Tokyo a été décrochée par Manuela Schär, qui a remporté l’argent au 5000 m en athlétisme. L’athlète en fauteuil roulant a terminé à 8 secondes de l’Américaine Susannah Scaroni, qui a attaqué vers la moitié de la course pour se détacher du groupe. Schär a devancé de 15 secondes l’Américaine Tatyana McFadden, troisième.

La Lucernoise de 36 ans, qui prend part à ses 5es Jeux paralympiques, avait décroché deux médailles à Athènes en 2004 (argent et bronze) et une à Pékin en 2008 (bronze). «C’est un grand soulagement pour moi. La tension était grande et c’est désormais un poids en moins», a déclaré la Suissesse après sa course. Pour moi, il était important de bien commencer les Jeux. Je savais que j’étais prête, mais c’est bien de le montrer.»

L’athlète prendra part aux 400m, 800m, 1500m et au marathon à Tokyo. L’autre Suissesse en lice, Patricia Eachus, a été reléguée à la 10e et dernière place, à 24 secondes de la 9e place et à 1’10’’ de la lauréate du jour.

L’AI ouvre un espace de médiation à Vevey

(24 Heures Lausanne)

L’Office de l’assurance invalidité pour le canton de Vaud tente un nouveau concept pour calmer les situations problématiques.

Avec le Canton et ses différents partenaires, l’Office a élaboré un nouveau concept qui a été présenté ce vendredi à son siège veveysan. Le principe est d’offrirune oreille attentive et neutre aux personnes qui se sentiraient malmenées par l’institution, qu’il s’agisse d’assurés ou d’employés. Cet espace d’écoute et de conciliation doit entrer en fonction le 1er septembre.

Ce projet «comble un vrai besoin et renforce la crédibilité du système», de l’avis de Rebecca Ruiz. «On est confronté à un jargon compliqué et on n’a pas toujours les codes, ce qui peut susciter des incompréhensions, un sentiment de partir perdant, voire d’injustice», reconnaît la conseillère d’État responsable de la Santé et de l’Action sociale. Des sentiments que cette offre doit permettre de conjurer.

«Nous sommes parfaitement conscients que franchir la porte d’un office de l’AI est déjà une épreuve, abonde Olivier Barraud, directeur de l’OAI VD. Notre rôle au quotidien consiste en un accueil bienveillant. Cependant, on ne peut pas éviter qu’il y ait des couacs.»

Des partenaires séduits

L’an dernier, la justice a rejeté 263 recours sur les 412 concernant des décisions de l’AI. Giuseppe Fonte, adjoint de direction chez Pro Infirmis, voit donc dans ce concept une façon «d’éviter l’épuisement et les recours qui sont voués à l’échec, et donc d’économiser des ressources». Même son de cloche du côté d’Unia: pour la responsable juridique Célia Borlat,
«toute solution pragmatique est bonne à prendre».

L’association de défense des personnes en situation de handicap et le syndicat sont associés au processus. Ils interviendront en deuxième instance, si la première phase d’écoute assurée par une juriste de l’OAI VD ne permet pas de désamorcer la situation.
Hélène Jost

Un jeu vidéo pour parler du handicap

(La Région Nord vaudois)

 

Le nouveau jeu vidéo Symbiose, au thème engagé, sera présenté au public ce week-end lors du festival yverdonnois. Rencontre avec ses deux créatrices.
Léa Perrin

L’écran s’obscurcit,les informations auditives disparaissent, mais le joueur continue pour-tant la partie. Un bug de conception? Non! Marion Bareil et Camille Attard ont pensé à tout en créant leur jeu Symbiose. Loin du jeu d’arcade traditionnel, ce jeu vidéo, en plus d’être ludique et accessible à tous les joueurs, aborde une réflexion plus profonde. Par le biais du thème du handicap dans un premier temps, mais également celui de la dégradation de l’environnement.

« Sylvie Thorens, la directrice cantonale de Pro Infirmis qui a proposé l’idée, ne voulait pas aborder le thème du handicap de manière frontale, mais davantage parler de la perception du handicap selon l’environnement. En quoi on peut être handicapé et dans quelle situation », expliquent es deux créatrices, fondatrices du studio Tourmaline.

Professionnelles dans un milieu plutôt masculin, elles n’ont pas hésité à relever ce challenge, en créant ce jeu très immersif. On s’est focalisées sur les sens. Le fait d’être handicapé ou non, c’est lorsque l’on peut s’adapter à un milieu, ou pas. Si on vivait dans un monde sans lumière, la vue ne servirait à rien, on devrait donc s’adapter autrement », image Marion Bareil.

«Le lien avec les sens est concret dans le jeu, par exemple si le point vital de la vision est détruit, l’écran devient foncé et notre champ de vision est réduit. On passe par différents états durant la partie. »

Si Symbiose aborde le handicap,il a également pour but de porter un message aux éditeurs numériques, afin d’inclure davantage les joueurs en situation de handicap.

« On veut le rendre le plus accessible possible et il y a des choses assez simples à ajouter sur le jeu pour le faire. On peut le mettre sous forme d’options, pour la vue, l’ouïe ou même la motricité. Avec Symbiose, on aimerait dire : rendez le jeu vidéo accessible !» expliquent avec enthousiasme le deux femmes, qui travaillent sur le projet depuis avril.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Même si Symbiose reste avant tout un jeu, il sous-entend d’autres problématiques qui touchent l’ensemble des joueurs. «Le pont entre le thème du handicap et celui de l’écologie, c’est quelque chose qui n’est pas souvent mis en lien, note Marion Bareil. Il faut se questionner sur la façon dont on va s’adapter à notre environnement et le protéger avant qu’il ne se retourne contre nous. » Et c’est exactement ce qu’il s’agira de faire dans l’univers de Symbiose. «Au final, on va tous être un peu handicapés face à cet environnement qui est en train de se dégrader », ajoute Camille Attard.

En partenariat avec Pro Infirmis ,le studio Tourmaline, créé par Marion Bareil et Camille Attard, présentera le premier prototype de Symbiose ce week-end lors des Numerik Games à Yverdon-les- Bains. Chacun pourra y jouer et proposer des améliorations pour la finalisation du jeu.

Infos pratiques
Pour découvrir leur travail: www.tourmaline-studio.com


Marion Bareil et Camille Attard sont les deux créatrices du jeu vidéo Symbiose. DR

 

Symbiose: comment on y joue?

Symbiose est un jeu de plates-formes en mode survie. Le but du jeu est simple, mais le parcours est semé d’embûches. Le joueur se retrouve dans la peau d’un petit symbiote, lui-même enfermé dans une créature géante. Le symbiote a les sens limités, mais la créature lui prête les siens.En échange, le symbiote devra alors protéger la créature contre les invasions de nuisibles qui peuvent, eux, attaquer ses points vitaux et donc dégrader ses sens. «Le jeu commence doucement, mais ça peut devenir assez nerveux et stratégique !» expliquent Marion Bareil et Camille Attard.


Jérémy Legrand: « Si l’on continue on va tous finir par se retrouver en situation de handicap»

 

« Symbiose est une fable poétique pour mettre le joueur en lien direct avec son environnement. Il sera en immersion dans une créature qui doit s’équiper au mieux de ses sens,et peut se retrouver avec les sens attaqués »,explique Jérémy Legrand, directeur adjoint de Pro Infirmis Vaud.

L’association suisse de référence, qui soutient la promotion d’une société inclusive pour les personnes en situation de handicap, a souhaité transmettre un message bien précis avec l’élaboration de ce jeu vidéo.

C’est pourquoi l’association a désiré collaborer avec Tourmaline Studio, sur proposition de Marc Atallah, le directeur des Numerik Games. «A travers ce jeu, on veut démontrer que l’environnement peut créer des situations de handicap, et qu’en l’adaptant, on peut en réduire son impact. Mais aussi toucher et développer ce monde du jeu vidéo pour permettre à tous d’y jouer » , ajoute Jérémy Legrand.

«Symbiose est une fable poétique pour mettre le joueur en lien direct avec son environnement »Jérémy Legrand, directeur adjoint de Pro Infirmis Vaud

Mais lorsqu’il parle d’environnement, le directeur adjoint de Pro Infirmis l’entend aussi au sens plus large. «On va être de plus en plus confrontés à ces problèmes d’environnement.Si l’on continue à détruire cette planète, on va tous finir par se retrouver en situation de handicap. Le message peut donc être compris par le plus grand nombre. » Le jeu sera proposé tout au long du festival Numerik Games, que ce soit pour les personnes atteintes d’un handicap, ou non. «On avait envie d’avoir quelque chose d’imagé et d’accessible à tous. Symbiose est très coloré, ça donne envie. On dirait presque un bonbon !»