Des excuses pour l’oppression de la langue des signes

(Le Nouvelliste/ats)

À l’occasion de la Journée des langues des signes, les écoles pour sourds de Suisse et leur organisation faîtière Sonos reconnaîtront officiellement l’oppression de ce langage qui a eu lieu pendant des décennies.

En 2016, la FSS avait mandaté des chercheurs de l’Université de Bâle pour mener une étude sur l’interdiction de la langue des signes en Suisse. (illustration) Animoto

Le 23 septembre marque la Journée internationale des langues des signes. À cette occasion, les écoles pour sourds de Suisse et leur organisation faîtière Sonos s’excuseront publiquement pour la répression de la langue des signes qui a eu lieu pendant des décennies dans les établissements d’enseignement pour sourds.

En 1880, lors du congrès international des éducateurs pour sourds qui a lieu à Milan, une résolution est prise: la langue des signes est éliminée des établissements scolaires. Et la Suisse est concernée. Seule la méthode dite «oraliste» est alors appliquée, empêchant l’accès à une formation adaptée. Pour les personnes sourdes et malentendantes, c’est leur langue maternelle qui est réprimée.

 

Jeudi, les représentants des écoles pour sourds de Suisse s’excuseront officiellement pour cette oppression. Les souffrances qu’elle a engendrées sur plusieurs générations de sourds seront reconnues publiquement, écrit la Fédération suisse des sourds (FSS) dans un communiqué.

La cérémonie officielle sera retransmise en live via Facebook, en allemand, en français et en italien, ainsi que dans les langues des signes correspondantes. Cette reconnaissance qualifiée «d’historique» couronne de longues années de combat.

En 2016, la FSS avait mandaté des chercheurs de l’Université de Bâle pour mener une étude sur l’interdiction de la langue des signes en Suisse. Le rapport (2017) avait mis en lumière «un grand nombre de désavantages vécus, de préjudices, de traumatismes et d’obstacles dus de manière directe ou indirecte à l’enseignement oraliste».
(ATS)